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L'Homme et le monde végétal

LA PREHISTOIRE

L'homme, pendant une période qui se chiffre en centaines de milliers d'années, eut du monde végétal une connaissance uniquement orientée vers l'utilisation qu'il pouvait en faire: la "botanique" était alors pratique et utilitaire.
A cette époque reculée les plantes étaient:
  1. aliments
  2. matériaux
  3. médicaments
mais aussi DANGER !!

Le végétal bénéfique ou redoutable devient le support matériel de puissances occultes, l'expression de concepts, et rapidement prend une valeur de SYMBOLE.

L'homme a donc évolué longuement au contact du monde végétal:
  1. plantes-nourritures
  2. plantes-médicaments
  3. plantes-poisons
  4. plantes-magiques
  5. plantes-dieux
  6. plantes-démons
  7. plantes-fétiches
  8. plantes-symboles
  9. forêts hostiles
  10. forêts cocons
Les premiers chamans utilisent les végétaux pour soigner les malades.
Puis passant du stade de chasseur-ceuilleur à celui d'éléveur cultivateur, l'homme apprend empiriquement à sélectionner les végétaux comestibles ou médicinaux et à les cultiver.

L'ANTIQUITE

5000 ans avant notre ère, les mésopotamiens possèdent déjà une connaissance précise de l'emploi en médecine de plusieurs plantes médicinales.
Au cours du troisième millénaire avant J-C, les Egyptiens acclimatent des plantes étrangères à leur pays dans leur jardins.
De nombreux témoignages(papyrus, tablettes,...) parviennent jusqu'à nous, or nous savons que l'homme connaissait les vertus de plusieurs centaines de plantes:
  1. tablette sumérienne vers 3000 av J-C.
  2. traité de Matière médicale (Pen T'Sao) de l'empereur chinois Shen Nung vers 2700 av J-C.
  3. papyrus égyptien (dit d'Ebers et de Smith) vers 1550 av J-C.
Les grecs héritent des Perses le savoir des anciennes civilisations orientales et vont réunir dans des traités les connaissances que l'on avait des plantes. Ces Ouvrages sont avant tout pratiques et permettaient surtout de reconnaitre les plantes utilisables.
En Grèce PLATON, puis son disciple ARISTOTE (IV° siècle av J-C) proposent une classification des êtres vivants selon leur "degré de perfection", THEOPHRASTE (Histoire des Plantes) va élargir les connaissances botaniques. DIOSCORIDE, quatre siècles après ARISTOTE, rédige son traité de Matière Médicales.

En Italie PLINE l'ANCIEN écrit son Histoire naturelle. Ces ouvrages apportent beaucoup à l'art médical mais ne peuvent pas être encore considérées comme des traités de Botanique.

MOYEN-AGE ET RENAISSANCE :

Les traités des anciens furent recopiés, réédités pendant pratiquement quinze siècles, figeant ainsi l'étude du monde végétal suivant le principe de fixité des espèces d'ARISTOTE.
Par contre cette période voit éclore la science des jardins dans l'occident chrétien médiéval.
Parallèlement, du XII° au XVI° siècle, la médecine et la pharmacie s'enrichissent de l'apport de l'école de Salerne, de la science arabe puis subir l'influence de PARACELSE.

paracelse
Paracelse

LA BOTANIQUE SCIENTIFIQUE :

Elle apparaît au XVI° siècle avec les ouvrages de BRUNFELS (1530) et de FUCHS (1542).
D'autres botanistes suivent leurs traces et peu à peu la botanique devient rééellement une science d'observation.
Nous pouvons citer:
  1. LOBEL (Plantarum seu Stirpium Historia, 1576; Kruydboeck, 1581)
  2. L'ECLUSE (ouvrage publiés de 1557 à 1611)
  3. Les frères BAUHIN, les ouvrages de Gaspard, le plus jeune des deux, font apparaître une ébauche de classification scientifique (Pinax, 1596; Prodromus Theatri Botanici, 1620)
A la fin du XVI° siècle, l'esprit des ouvrages de botanique modernes est déjà en place.
Quelques voyageurs rapportent de contrées lointaines des végétaux exotiques.

LES BASES DE LA BOTANIQUE MODERNE

C'est au XVII° siècle qu'apparaissent et s'amassent les documents sur lesquels la botanique moderne va s'édifier. L'inventaire des végétaux des régions les mieux connues est initié et l'on commence à prendre en compte des plantes sans usage connu. Des botanistes partent au loin explorer la flore tropicale, la décrivent et nomment les plantes. Il prospectent les mondes inconnus à la recherche de nouvelles drogues, de nouveaux aliments.

Un homme de grande stature scientifique se manifeste à la fin de ce siècle et au début du suivant: TOURNEFORT

tournefort
Tournefort

Ce botaniste met sur pied une nouvelle classification essentiellement basée sur les caractères de la fleur. Les plantes sont assemblées en groupes hierarchisés. La notion de genre, unité à la fois synthétique et naturelle, apparaît clairement; les ESPECES sont groupées en GENRES. Les GENRES eux-mêmes sont groupés en unités supérieures, conçues encore de façon inconstante et artificielle.

CARL VON LINNE, PRINCE DES FLEURS:

Au milieu du XVIII° siècle, un botaniste d'Uppsala (Suède), LINNE, reprend l'idée de TOURNEFORT, la formalise et la généralise. Il propose une nomenclature qui épouse la classification et facilite la communication. Il attribue ainsi à chaque èspèce vivante un nom double, dont le premier mot est le nom du GENRE, et le second, celui d'ESPECE.
LINNE étudiera plus d'un millier de plantes et d'animaux et crée le système binaire de nomenclature.
Il classe les végétaux selon un système basé sur leur sexualité; c'est le premier essai d'une classification tenant compte de la biologie des plantes, même si actuellement cette classification semble artificielle.
Supprimant les polynômes fluctuants (selon les auteurs) et emcombrants (les polynômes prélinnéens ressemblaient parfois à de courtes phrases décrivant la plante), LINNE impose l'usage du binôme latin:

Triflium arvense L.

linne
Linne

LA BOTANIQUE AU XVIII° SIECLE

Au début de ce siècle TOURNEFORT entreprend un voyage d'étude au Levant, les véritables explorations à but scientifiques sont nées. Il signe le commencement des expériences sur les plantes et les botanistes découvrent la pollinisation.
Mais, outre celui de LINNE, un nom va dominer toute la botanique du XVIII° siècle; celui de

JUSSIEU

Il est porté par cinq botanistes lyonnais éminents, qui ont tous laissé des travaux importants, ce qui est un fait unique dans l'histoire des sciences, surtout dans la même discipline.
Ce sont d'abord les trois frères (fils d'un apothicaire lyonnais distingué: Christophe de JUSSIEU, auteur d'un Traité de la Thériaque en 1708):
  1. Antoine de JUSSIEU (1686-1758)
  2. Bernard de JUSSIEU (1699-1777)
  3. Joseph de Jussieu (1704-1779)
puis leur neveu:

Antoine-Laurent de Jussieu (1748-1836)

et enfin le fils de celui-ci:

Adrien de JUSSIEU

En 1789, A.L de JUSSIEU dans son Genera Plantarum exprime la notion de famille telles que nous la connaissons maintenant, c'est à dire entité naturelle réunissant des genres voisins.

LA BOTANIQUE ET L'EVOLUTION

En 1800, LAMARK expose, pour la première fois et devant l'Académie des Sciences, l'hypothèse selon laquelle des èspèces peuvent, dans leur descendances, subir des transformations et être à l'origine d'autres espèces.
L'idée était trop nouvelle et les arguments de LAMARK trop faibles, malgré son enthousiasme, pour que le TRANSFORMISME se développe. LAMARCK avait pourtant porté la première atteinte à la notion de fixité des espèces d'ARISTOTE.

Un demi-siècle plus tard, DARWIN exposera une autre pensée révolutionniste. Malgré les tempêtes soulevées et les querelles, la notion d'évolution s'intègrera à la pensée biologique.

Z.Leprovost; Cours de Pharmacie 1ère année Université de Caen; Larousse des Champignons 2004; Botanique Systématique moléculaire 13 ème édition J.-L Guignard, F.Dupont.